Et une de plus...

... à vouloir démissionner.

Je suis professeur des écoles et j'entame (seulement) ma deuxième année. Ma PE2 a été très difficile car j'ai été confrontée à des élèves insupportables et une directrice qui était à la limite du harcèlement moral. J'ai tenu le coup en me disant qu'en débutant on a toujours des difficultés à tenir les élèves et que tout la directrice était une exception.

Ma première année a été plus tranquille. Mais il y avait des doutes: j'ai passé mon temps à travailler ou à dormir! J'aimais être avec les enfants mais je ne sentais pas de passion pour enseigner.

La nouvelle année commence sans poste: j'attends dans une école où je n'ai aucune obligation si ce n'est attendre. Cool me direz-vous? Je suis tombée dans la même ville où j'ai eu mon année si difficile, avec la possibilité de retourner dans l'école et en tout cas de me confronter au même type d'élèves. J'ai tenu une journée stressante au possible et j'ai fait une rechute en dépression (dont j'essaye de me sortir pour de bon depuis 6 ans). Je suis donc en arrêt jusqu'à lundi, voire plus suivant mon état.

Bref,le système, l'organisation de l'Education Nationale m'exaspère: je ne suis pas encore sûre que le métier en lui-même me déplaise complètement mais toutes les contraintes autour du métier sont étouffantes. Entre les disponibilités qui peuvent être refusées, la démission et ses 4 mois de préavis (pour les PE en tout cas), je me sens prisonnière!!!

Merci en tout cas de nous faire partager ton expérience et merci de nous faire aussi partager tous les témoignages. On est plus fort quand on se sent moins seul!

Fanny

Posté par Fanny, 04 septembre 2008 à 18:31

Côté pratique

bonjour

alors comme tous et toutes ici, je pense sérieusement à la démission.

stagiaire en lycée l'année dernière; en collège à 300km de chez moi depuis quelques jours...
tout va bien avec les élèves, et les nouveaux collègues. Seulement, je sais au fond de moi que je ne suis pas faite pour ça.

Donc question pratique, et "bête"; comment fait - on concrétement pour démissionner ? Y a t il un temps de réponse de l'EN ?
Et autre problème: avec un CAPES d'anglais, je ne vois pas trop quoi faire d'autre (ayant toujours voulu être prof!)... Et j'ai vraiment besoin d'un revenu régulier.

Merci pour vos éventuelles réponses
(aouvej@hotmail.com)

Posté par Aurélie, 05 septembre 2008 à 16:46

Encore une pour rejoindre le club

Bonjour,

Tout d'abord merci à l'initiatrice de ce blog.
Je viens de lire tous les messages, c'est à la fois rassurant et déculpabilisant de se dire qu'on est pas la seule à être devenue prof sans être pleinement convaincu de la pertinence du choix, de se rendre compte que ce n'est pas le bon. Mais c'est aussi inquiétant de voir tant de mal être.
Voici mon expérience de la jungle Education nationale.
Je suis PLP2 lettres anglais depuis 97 après une maîtrise d'anglais. Ironie, j'ai fait des études d'anglais pour pouvoir parler anglais, au final l'enseignement n'est pas vraiment le meilleur moyen de pouvoir vraiment parler anglais.
Ma 1ère année fut plutôt brutale et même si j'ai tenu le coup, je n'ai pas pu réparer les dégâts intérieurs. Ensuite pendant 5 ans j'ai été TZR, autrement dit bouche-trou de l'EN. Comme le dit Fanny c'est tout sauf cool, et à long terme c'est usant et démotivant).
Automne 2004 : arrêt maladie qui va se prolonger (maintenant je traîne ce boulet de l'arrêt longue maladie, j'ai l'impression que c'est pire que si j'avais piqué dans la caisse !). J'ai songé alors à démissionner (très intéressant de prononcer ce mot devant le syndicat, même effet que Voldemort dans Harry Potter), je ne l'ai pas fait, peur de tout lâcher, sans soutien financier derrière et avec la nette sensation que mes diplômes n'allaient pas intéresser grand monde.
J'ai cru trouver la solution miracle : le poste de réadaptation, 1 an de préparation aux concours à l'IPAG (ingurgitation de droit, économie, finance...,intense mais intéressant) puis 2ans avec mise en situation professionnelle pour obtenir un concours. Soyons honnête, cela semblait être le plan sécurisant. Mais en cas d'échec c'est retour à la case prof (scénario totalement inenvisageable pour moi).
J'entame ma dernière année. Depuis 2 ans je fouille internet pour trouver toutes les infos sur les concours (et là encore, la fonction publique ne brille pas par sa simplicité et sa transparence mais je suis devenue plutôt calée dans ce domaine) et je suis le nez dans mes cours pour préparer les concours qui m'intéressent. Malheureusement pour moi, je n'ai pas réussi à décrocher la queue du Mickey. En moyenne il y a 5% de réussite aux concours et pour certains concours (notamment les concours ITRF - postes dans l'enseignement supérieur-) les postes sont plus ou moins cooptés, on se déplace donc à nos frais pour la forme.
Quant à la mise en situation, ce n'est pas triste. En juin 2007, j'ai réussi non sans mal à trouver une place dans une université se trouvant dans une autre académie que mon académie de rattachement. Le service gérant mon dossier étant en pleine restructuration, je n'avais aucun soutien, ce qui a fait dire au médecin du travail que j'étais une "victime collatérale de l'éclatement du service", charmant.
L'année à la fac s'est bien passée, travail intéressant, supérieur satisfait de mes services , mais en juin le rectorat a absolument voulu que je revienne dans l'académie pour des raisons obscures. Donc redéménagement (j'ai opté pour la solution résidence étudiante depuis 2 ans, pas de meubles à bouger, mais pas de chez-soi non plus). Le hic c'est que j'attends toujours mon affectation tout en préparant des concours. J'ai 3 oraux ce mois-ci pour des postes qui m'intéressent Malgrè tout mon investissement, je ne suis même pas sûre d'avoir encore envie de réussir un concours et de rester dans la fonction publique. Le grand bond vers l'inconnu m'effraie toujours, néanmoins la sensation d'être enfermée dans un carcan est de plus en plus pesante et le désir de liberté et l'envie de reprendre la main sont de plus en plus fort.

Posté par kryzel, 06 septembre 2008 à 15:45

Meme combat !

Bonjour a tous !

J'ai l'impression en ecrivant ce message de rejoindre un cercle qui ne cesse de s'agrandir, celui des ex (ou presque) profs en detresse mais pas sans ressource !! C'est avec beaucoup de plaisir que je m'intronise moi-meme membre de votre clan secret anti-EN !! Et je me sens beaucoup d'affinites avec Kryzel, je m'explique: j'etais l'an dernier prof stagiaire PLP anglais-lettres. Annee horrible, a cote le martyre de princesse Sarah c'est de la rigolade... d'ailleurs si vous vous souvenez de la megere qui dirigeait l'orphelinat, vous avez une idee assez precise de ce a quoi ressemblait ma proviseure... Plus serieusement, j'ai moi aussi subi une forme de harcelement moral (je n'habitais pas a proximite de l'etablissement et on me l'a fait payer toute l'annee, bien que je n'ai jamais ete en retard), j'ai eu une tutrice fantome, mon formateur IUFM ne m'aimait pas car j'avais deja enseigne a l'etranger (j'ai une maitrise de FLE) et que j'avais ose croire, en debut d'annee, qu'il s'agissait d'une formation professionnalisante et non de seances collectives d'abetissement (le stagiaire est considere comme une gamin quel que soit son age et quelle que soit son experience), voire de formation au lechage de bottes qui m'a l'air d'etre une dimension incontournable dans l'EN. J'ai cru (quelle naivete !!!) qu'il etait permis de donner son avis, en toute bonne foi, alors que non, il faut au contraire s'ecraser, s'aplatir et si possible faire reluire les bottes des formateurs qui s'en mettent plein les poches en ne foutant rien, et en emmerdant les stagiaires avec leurs pretendus savoirs et savoir-faire ! Une bande de nuls repugants et inamovibles, intouchables.
Bref, j'ai envoye ma demission peu de temps apres que j'aie su qu'on me faisait redoubler (redoubler !!! le comble pour un prof, non ??) dans la meme acedemie, comme certains d'entre vous non seulement je n'ai pas ete titularisee mais en plus on ne m'a pas permis de changer d'academie, une nouvelle directive de l'EN en ce qui concerne les stagiaires redoublants. Je tiens d'un syndicat national qu'il n'y a jamais eu autant de redoublements de stagiaires que depuis ces dernieres annees, et 2007-2008 a ete une hecatombe... J'ai envoye ma lettre au rectorat fin aout (de toute facon avant cela il n'y aurait eu personne dans les bureaux pour la receptionner !) des que j'ai su mon affectation, je les ai prevenus par tel de ma demission et ne me suis pas presentee le jour de la rentree. Qu'ils considerent cela comme un abandon de poste ou pas, maintenant je n'en ai strictement plus rien a faire, de toute facon ca ne change rien. Je suis soulagee de ne pas "y" etre retournee, mes eleves de l'an dernier et les representants de cette noble institution m'ont fait vivre un enfer, sans parler de la non-formation de l'IUFM et de l'hypocrisie qui regne a tous les etages...
Bon courage a tous ceux qui revent de faire le grand saut. Les mois qui viennent seront faits d'incertitude mais aussi de liberte et de reflexion. La vie est trop courte pour se laisser contraindre.
PS: merci a Pepina pour cet espace de discussion et de liberte !

Posté par Truganini, 08 septembre 2008 à 17:38

bonjour

Bonjour à tous,
Je viens pour donner des nouvelles car ça y est j'ai démissionné et oui je suis effectivement d'accord: il faut remercier Pepina pour cet espace de discussion. J'y ai trouvé un réconfort tout au long de mon cheminement personnel qui m'a conduit à la démission de mon poste de stagiaire en Espagnol. Car c'est dur quand on doit affronter notre entourage qui ne comprend pas que l'on veuille abandonner " un aussi bon métier" et avoir l'impression de foutre sa vie en l'air et de décevoir tout le monde. En plus, je suis issue d'un milieu assez modeste et je culpabilisais beaucoup de décevoir mes parents qui étaient si fiers. Mais après une psychothérapie efficace, j'ai compris que je devais faire un choix pour moi seule. Je comprends Pepina quand elle dit que c'était vital pour elle de démissionner car pour moi c'était pareil.
Sur les conseils du snes, j'ai d'abord fait une demande de changement d'Académie auprès du ministère pour mon stage pour me rapprocher de mon conjoint salarié, mais ma demande a été refusée et je ne pouvais absolument pas retourner dans cet iufm à l'autre bout de la France. Et même, ce refus, ça m'a rassurée car ce métier ailleurs ou ici n'est pas fait pour moi j'en suis sûre.
J'ai donc envoyé ma lettre de démission(dans laquelle je spécifiais ne pas pouvoir assurer la rentrée) vers le 10 août, le Rectorat m'a envoyé une lettre me demandant de confirmer ma décision vers le 20 et j'ai reçu l'arrêté fixant ma démission au 1er septembre vendredi dernier.
Je ne suis pas soulagée autant que je l'aurais espéré mais je sais qu'il n'y avait pas d'autre choix pour moi. Le futur est encore flou mais j'y crois: je me lance dans un Master professionnel qui m'intéresse beaucoup. J'ai la chance que mon conjoint travaille et me soutienne dans mon choix, c'est important.
Je voudrais ajouter que pour ma part le snes m'a apporté beaucoup de soutien(même s'il ne m'a pas encouragée à démissionner bien sûr, il m'a aidée à creuser toutes les pistes et à ne rien regretter).
Je souhaite bon courage à tous ceux qui font le bon choix pour eux: rester ou partir, il faut être sûr d'être en accord avec soi-même.
Merci encore à Pepina et à tous les témoignages.

Posté par lilou, 09 septembre 2008 à 11:25

Le courage ?

Cette page fait un bien fou à lire !
Stagiaire PLC2 avec à peine 3h de cours à mon actif, je pense déja à partir...

L'EN est vraiment un conglomérat de n'importe quoi, un ramassis d'incohérence...
Le niveau des gosses est DEPLORABLE (je suis en collège APV-RAR), on ne peut rien en tirer, et Dieu sait si je n'ai aucune haine envers les petits. Ils sont les 1eres victimes du système...

Par chance je suis jeune (22 ans), je pense pouvoir me reconvertir...Mais est-ce que je vois juste ?
Mais je pense encore attendre quelques temps, histoire de mettre de l'argent de côté.

En tout cas chapeau pour ceux qui ont osé le faire.
"Ils l'ont fait car ils ne savaient pas que c'était impossible", comme a dit Mark Twain...

Posté par Sansmoi, 09 septembre 2008 à 20:29

Le courage ?

Cette page fait un bien fou à lire !
Stagiaire PLC2 avec à peine 3h de cours à mon actif, je pense déja à partir...

L'EN est vraiment un conglomérat de n'importe quoi, un ramassis d'incohérence...
Le niveau des gosses est DEPLORABLE (je suis en collège APV-RAR), on ne peut rien en tirer, et Dieu sait si je n'ai aucune haine envers les petits. Ils sont les 1eres victimes du système...

Par chance je suis jeune (22 ans), je pense pouvoir me reconvertir...Mais est-ce que je vois juste ?
Mais je pense encore attendre quelques temps, histoire de mettre de l'argent de côté.

En tout cas chapeau pour ceux qui ont osé le faire.
"Ils l'ont fait car ils ne savaient pas que c'était impossible", comme a dit Mark Twain...

Posté par Sansmoi, 09 septembre 2008 à 20:49

Mensonge?

Bonjour à tous,

J'écris ce message car je suis un peu dans la même situation que vous. Je suis PLC2 anglais redoublant et j'ai donné ma démission ce matin même. Je dois voir le proviseur demain matin pour reparler de cela. Cela fait de long mois que je pensais à démissionner mais je n'osais pas le faire car des amis de ma promotion me disait que démissionner de l'éducation nationale entraînait automatiquement l'exclusion définitive de toute la fonction publique. En bref, j'aavais peur de me priver d'autres débouchés. Il y en aurait-il parmi vous qui pourraient me dire s'il s'agit d'une rumeur ou d'une procédure bien réelle?

Merci

P.S: Même si cela est vrai, je ne reviendrai pas sur ma décision. (Seulement, il est bon de savoir à quoi s'attendre)

Posté par Michel, 15 septembre 2008 à 17:02

Michel

je pense que c'est une rumeur. J'en suis même sûre parce que mon annéee iufm j'étais avec quelqu'un qui avait démissionné pour faire sa vie à l'étranger et qui aujourd'hui recommençait tout.. donc ou c'est une rumeur ou il est passé inaperçu :D

Posté par pep, 15 septembre 2008 à 17:44

Dispo?

Bravo pour ce site qui abandonne la langue de bois et les masques sociaux! Je ne rajouterais pas de commentaires / difficultés du métier... Cela fait 12 ans que je "tiens" (dans le primaire): n'est-ce pas une horrible expression? Ne voulant pas regarder la vérité en face (marre de ce boulot!), je me suis fait de belles insomnies, une dépression d'un an... Puis j'ai essayé d'être raisonnable (!): "sécurité de l'emploi...vacances...horaires pratiques pour les enfants...". Mais la vérité profonde est la + forte: une lame de fond plus forte que la "raison" a fait que je n'ai pas fait cette rentrée. Je suis en arrêt maladie. J'ai bcp culpabilisé au début, mais maintenant je me dit que ce temps est pour moi, pour situer mes vraies envies: travailler dans le domaine du livre... A affiner. Perso, je trouve la démission un peu brutale: quelqu'un a t il des infos sur la dispo? Quels sont les délais pour l'obtenir si on projette de travailler dans un autre secteur? Je suis en période de transition et vous tiendrais au courant! Merci encore!
Lilith

Posté par lilith, 18 septembre 2008 à 15:32

J'ai déjà commencé à chercher autre chose...

alors que je suis en arrêt! Honte sur moi! Mais c'est vrai que je ne peux pas démissioner sans avoir autre chose sous la main. Seul hic: j'ai deux entretiens la semaine prochaine, et si j'étais intéressée par un des 2 postes offerts, je devrai certainement me battre pour quitter l'EN le + rapidement possible (en admettant que mes employeurs acceptent d'attendre...). ^^

Bon courage à tous ceux qui vivent la même chose. Pour info: je suis prof de langues, et il y A une voie de sortie (tout dépend de vos goûts persos).

Et MERCI Pepina, pour cet espace de discussion sans tabous! :)))

Posté par Anna, 21 septembre 2008 à 18:28

Infos concernant la démission

Bonjour,
J'ai moi aussi démissionné de l'EN (il y a un peu plus d'un an). J'ai démissionné après 3 ans en tant que PE pour devenir menuisier. J'aimerai apporter des réponses à certaines questions laissées dans les commentaires :
- Si vous avez été recruté par concours externe, vous n'êtes soumis à aucune obligation de durée de service et a aucun remboursement (j'ai obtenu après de nombreux efforts un document officiel signé par le chef du personnel de l'IA de Marseille qui le prouve).
- Le préavis de 4 mois n'est pas forcément respecté. Perso, j'ai pu m'arranger avec l'IA et ma démission a été effective une semaine après qu'ils aient reçu ma lettre de démission.
- Si vous avez besoin d'être écouté, sachez qu'il existe (même s'il est bien caché) à l'IA un service des ressources humaines avec un psychologue que l'on peut rencontrer et qui est là pour vous aider. Grâce à ce service, on peut même faire un bilan de compétences Gratuit. C'est ce que j'ai fait et ça m'a fait du bien d'être confirmé dans mes choix.
- Quelle que soit votre réorientation, pensez à l'AFPA (agence de formation pour adultes). Ceux sont des formations courtes (moins d'un an) et variées (métiers du bâtiment, graphisme...) et pratiques qui donnent un titre professionnel et qui donnent une indemnisation (650 euros par mois) c'est pas énorme, mais c'est mieux que rien - surtout que quand on démissionne de l'EN, on n'a pas droit aux Assedics.
Voilà, si ça peut en aider certains. J'espère ne pas avoir été trop long et bravo pour cet espace de discussion.

Posté par Pierre, 23 septembre 2008 à 19:26